Woofing & Ecotourisme
novembre 1, 2018

Le guide touristique de référence du voyageur responsable

Le guide touristique de référence du voyageur responsable

Un guide de voyage, est-ce bien utile ?

Ça y est, la destination est choisie, vous partez bientôt en voyage ! Et maintenant ? Organiser, ne pas organiser, tracer un itinéraire dans le Top 10 des attractions touristiques, partir à l’aveuglette et se fier au hasard, demander conseil aux habitants, acheter trois guides touristiques différents ou privilégier l’inconnu, la découverte absolue ? Bien sûr, il n’existe pas de réponse juste mais vous, dites-moi, comment aimez-vous préparer un voyage ?

tourisme_solidaire

©Viatao – Guide Colombie

Personnellement, je suis plutôt une adepte du guide de voyage. Reliquat des vacances en famille, ma mère nous partageant à voix haute chaque passage un tant soit peu intéressant pour « nous cultiver »… J’aime avoir un aperçu du pays en un coup d’œil, une carte et des propositions d’itinéraires ainsi que quelques photos attrayantes pour attiser l’attente. Une manière de me rassurer autant que de m’assurer de ne rien manquer des grandes lignes directrices du pays. Ainsi, au retour, dans la mappemonde de mes souvenirs, j’accroche l’esquisse du pays visité. Bien sûr, le tableau est flou, l’image manque de structures, mais tout de même on devine les silhouettes, l’ambiance, l’odeur, les sons…

L’autre avantage des guides de voyage c’est, évidemment, la rubrique Bonnes adresses. Je vous explique : étant (un peu) exigeante, même s’il est 14h et que mon ventre affamé se fait remarquer après une matinée à marcher dans les musées, je suis prête à errer d’un bout à l’autre de la ville en quête d’un café-restaurant qui « m’inspire », jusqu’à finir une heure plus tard (en hypoglycémie) devant LE lieu idéal. Et ce qui m’inspire, pour résumer, c’est l’esprit bio-local-fait-maison ; ce qu’on ne trouve pas à tous les coins de rue ! D’où cet enthousiasme débordant qui m’a pris en découvrant les guides Tao…

Des adresses pour voyager hors des sentiers battus

« À tous ceux qui rêvent d’un autre tourisme, respectueux de la planète et de ses habitants…

Une autre façon de voyager, à la rencontre des Hommes et de la nature, dont on sort grandi, ouvert sur le monde…

Un voyage responsable qui combine plaisir et découverte…

Un tourisme durable qui aide les destinations à se développer de manière harmonieuse, en valorisant leurs efforts de protection du patrimoine naturel et culturel…

Viatao propose sa vision : le Tao du tourisme. » Viatao

ecotourisme_madagascar

©Viatao – Guide Madagascar

J’ai découvert les guides Tao il y a un an. Format poche, plutôt minces, ils sont assez similaires aux guides traditionnels en termes de contenu : 20 à 30 pages d’information assez détaillée sur le pays, puis les rubriques classiques (budget, visa, sécurité, santé, déplacements, nourriture, etc.), une carte, et entre 10 et 15 adresses par ville/région, tous types confondus (restos, logements, activités nature ou culturelles, shopping, etc.). Mais il y a plus encore !

Les informations pratiques sont volontairement assez succinctes ; à l’ère d’Internet, cela se trouve facilement en ligne. Les guides Tao ont fait le choix de se concentrer sur des informations que l’on ne trouve pas facilement ailleurs, « des conseils d’amis que seul un local pourrait nous partager », des activités pour voyager hors des sentiers battus qu’on ne trouve pas dans les autres guides la plupart du temps. Mais surtout, l’accent est mis sur le respect de la nature et des habitants, avec des informations sur les problématiques et les initiatives environnementales, sociales, économiques et culturelles du pays. Par exemple, le guide sur l’Italie présente en détails l’agrotourisme et le mouvement slow food.

Le tourisme durable accessible à tous

voyage_authentique

©Viatao – Guide Colombie

Viatao est une microentreprise, créée en 2008 par deux jeunes femmes engagées pour la promotion d’un tourisme durable, Anne Gouillon et Eleonore Devillers. Cette maison d’édition indépendante de guides de voyage propose aux voyageurs des « solutions concrètes et originales pour voyager autrement […] et avoir un impact positif lorsqu’ils visitent le monde ». En prouvant au grand public que le voyage responsable est possible et accessible à tous, elle se voit décerner le Trophée du Tourisme Responsable en 2009 !

Vous trouverez dans ces guides des conseils pour rester au plus près des populations locales, voyager hors des sentiers battus, tout en respectant l’environnement et les habitants.

« Sensibiliser les touristes aux enjeux économiques, environnementaux, sociaux et politiques de chaque destination et les impliquer dans une démarche plus responsable vis-à-vis des acteurs locaux, telles sont nos missions. »

Entreprise engagée, elle joue aussi un rôle dans le développement du tourisme durable à l’échelle internationale puisqu’elle accompagne les acteurs du tourisme (territoires, collectivités, offices du tourisme, hébergements, etc.) dans l’amélioration de leurs pratiques, et/ou les aide à renforcer et valoriser leur engagement dans ce domaine.

Rencontre avec Viatao

Lors du 30ème Festival des Globe-trotters organisé par l’association ABM j’ai rencontré Nicolas Breton, qui travaille chez Viatao depuis quelques mois. Mon intérêt et mon enthousiasme pour cette entreprise n’a fait que s’accroître au cours de cet échange, et je ne pouvais résister à l’envie de vous la faire découvrir !

Quelle est votre définition du tourisme responsable ?

C’est un tourisme qui est en adéquation avec les notions du développement durable. Le choix des structures d’accueil ou de restauration, le fait de privilégier des « activités douces » et tout ce qui rend le voyage le plus écologique possible. Cela comprend le choix du lieu et la façon de voyager, ainsi que la consommation sur place (réduction du plastique par ex.). Les structures touristiques responsables « respectent les populations locales », offrent aux employés un salaire décent, permettent la réinsertion, « contribuent à l’économie locale ». Ce tourisme prend aussi en compte l’aspect culturel (artisanat, nourriture, spectacles). Quant à l’aspect social, et particulièrement dans les pays en voie de développement, se définit par un tourisme « géré par les locaux, qui est un levier pour les populations locales ». Un tourisme responsable doit être bénéfique pour tous, non destructeur. C’est un tourisme réfléchi.

Qu’est-ce que ce genre de tourisme apporte au voyageur ?

guide_de_voyage

©Viatao – Guide Italie du Nord

C’est un tourisme très enrichissant à la fois pour le voyageur et pour le pays. Par exemple, un hôtel construit sur la plage à partir de matériaux naturels et locaux se fond dans le paysage, est esthétique et respecte l’environnement. On allie plaisir des yeux et préservation de la nature. Et l’employé du village qui travaille à l’hôtel dans des conditions décentes, avec un salaire correct, sera plus à même de partager sa culture, d’échanger avec les touristes certaines anecdotes ou recettes locales, car il se sent impliqué dans le projet de développement touristique local. Cela permet au voyageur d’entrer en contact avec la population locale, de découvrir et d’apprendre davantage la culture du lieu. Voyager ainsi c’est faire les choses décemment, avec respect, « pour l’autre mais aussi pour soi, pour sa conscience ».

Quel a été l’élément déclencheur, à l’origine des guides ?

Au départ, Viatao est une structure associative, constituée de passionnés et spécialistes du développement local. Le premier guide est celui sur Bali, créé en 2002. Après une expérience professionnelle sur l’éco-certification du bois tropical (label FSC), Anne Gouillon constate les impacts positifs de cette démarche. La demande de bois certifié est forte en Europe, ce qui motive les gestionnaires de forêts à améliorer leurs pratiques afin d’obtenir le label. C’est ainsi qu’elle lance le pari d’appliquer la même méthode au secteur du tourisme, en mettant en avant les opérateurs les plus responsables. Plus tard, en 2008, le premier guide officiel des éditions Viatao est publié, sur la Thaïlande. Il est le fruit de la rencontre et du travail d’Anne Gouillon avec Eléonore Devillers. Les premiers guides seront en anglais, puis la collection se développe et Viatao devient une structure entrepreneuriale française.

Quelles questions aimeriez-vous que les gens se posent plus avant d’organiser un voyage ?

Chacun pourrait « se renseigner sur les problématiques locales, sociales et environnementales, pour les connaitre et agir en conséquence de façon responsable ». Par exemple, si le pays d’accueil n’a pas de système de traitement des déchets, nous pouvons nous engager à les limiter au maximum et à repartir avec ceux qui ne sont pas biodégradables (telles que les piles) ; c’est le fléau de nombreuses îles notamment. Nous pouvons aussi nous questionner : Est-ce que je peux y aller autrement qu’en avion ? Est-ce que je peux partir plus longtemps moins souvent (et ainsi vivre un voyage plus enrichissant, plus approfondi – et bien moins polluant – qu’une escapade d’un week-end en avion) ? Est-ce que je peux compenser mon impact carbone en finançant un projet utile dans le pays de mes vacances ? A ce sujet, Viatao a lancé un partenariat récemment avec la Fondation GoodPlanet pour promouvoir la compensation carbone.

Qu’est-ce qui fait votre spécificité dans la sélection des adresses ?

voyager_autrement

©Viatao – Guide Colombie

La grille d’éco-notation utilisée actuellement a été développée en 2002 en partenariat avec le WWF, des universitaires et d’autres ONGs. Elle a pour but de « sélectionner les opérateurs touristiques (PMEs en particulier) les plus engagés. » Avant l’élaboration d’un guide, les auteurs sont formés sur l’utilisation de cette grille. Chacun adresse est contrôlée sur place, sur la base de 3 principes chacun composé de 12 critères :

  • Critères de qualité (« plaire aux voyageurs »)
  • Critères de respect de l’environnement
  • Critères de gestion Socio-économique et Culturelle

Toutes les adresses et contacts sont « sélectionnés pour leurs pratiques durables grâce à un système d’éco-notation adapté aux conditions locales de chaque destination ». « Si une problématique est majeure dans tel pays, on va s’appuyer dessus pour ne surtout pas l’encourager mais plutôt privilégier les alternatives. » Ainsi, « dans un pays où la ressource en eau se faire rare, les adresses mises en avant seront celles qui font des efforts d’économie et de bonne gestion (récupération de l’eau de pluie, stockage, etc.) ». Les structures qui participent au tri des déchets, voire qui mettent en place des mesures pour réduire les quantités produites sont privilégiées, tout comme celles qui s’engagent sérieusement dans une démarche respectueuse de l’environnement et des communautés locales. Dans les pays en voie de développement, les conditions de travail et l’indigénat des employés sont des critères à prendre tout particulièrement en considération.

Qui rédige les guides ?

« Le plus souvent ce sont des locaux, afin de présenter une vision authentique et intime du pays, ou des français ayant vécu suffisamment longtemps sur place ». Chaque guide a donc un auteur différent.

Sensibiliser au respect des populations et de la nature

guide_touristique

©Viatao – Guide Madagascar

A travers son site internet, son blog ou les guides, Viatao partage des conseils, des bonnes pratiques, des petits gestes qui permettent d’avoir un impact positif (ou, du moins, de limiter l’impact négatif) pour la planète, des actions solidaires, des associations à soutenir, etc. « pour mieux comprendre les implications et les engagements environnementaux, économiques, sociaux et culturels du tourisme durable ».

Comme ils le disent très bien, « il ne s’agit pas de culpabilisation ni d’extrémisme, mais simplement d’expliquer que des gestes simples peuvent tout changer ». Leur souhait est « d’inviter à réfléchir à notre façon de voyager, de nous poser des questions et petit à petit, de passer aux actes et faire évoluer nos comportements. »

Comment limiter l’impact des transports ? Comment se repérer au milieu de tous les labels ? Qu’est-ce que le voyageur peut faire pour s’impliquer ? Comment bien choisir son hôtel ou l’opérateur touristique ? Des questions qui ne sont pas toujours évidentes…

Le guide Tao est un guide complémentaire

Les guides sont disponibles en formats papier et numérique. Deux collections existent : le guide Tao (mini) et le Natural guide (plus complet). Seul le premier continue à être édité ; les Natural guides requéraient un coût trop élevé. La moitié du prix du guide correspond aux frais d’impression, le reste rémunère l’auteur et l’équipe de Viatao, qui se compte sur les doigts d’une main.

« Aujourd’hui, on a un format de guide Tao qui ressemble plus à un guide classique. Il s’est étoffé avec 150/200 pages pour un prix autour de 10 €. On va pouvoir l’acheter en plus d’un Routard ou d’un Lonely Planet. L’idée c’est vraiment d’être le complément […] »

Les guides ayant le plus de succès sont mis à jour environ tous les deux ans, et moins souvent pour les autres.


CODE CADEAU : Un guide offert !

Avec le code VISIONSDAILLEURS2018, à l’achat d’un guide en version papier, Viatao vous offre un guide en versions PDF et epub (à imprimer chez soi ou consulter sur ebook). Valable jusqu’au 31 décembre 2018. Le code et la destination du guide PDF/epub de votre choix sont à indiquer dans la section Commentaires lors de l’achat en ligne, dans la boutique de Viatao (ex : « VISIONSDAILLEURS2018 : MADAGASCAR »).


 

* * * Vous avez aimé cet article ? Faites le savoir d'un seul clic, merci ! * * *

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

CommentLuv badge

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.