Woofing & Ecotourisme
juillet 4, 2016

Tyroliennes dans la jungle au milieu des gibbons à Chiang Mai

Tyroliennes dans la jungle au milieu des gibbons à Chiang Mai

A défaut d’avoir pu vivre la Gibbon Experience au Laos, une expérience un peu chère mais unique en soi, qui allie randonnée, tyrolienne et nuitée dans des cabanes perchées à la cime des arbres, je n’ai pas résisté à tester une version miniature de cette aventure : un parcours de tyroliennes au milieu d’une forêt luxuriante près de Chiang Mai, au nord de la Thaïlande…

Tyroliennes dans la forêt vierge

Un matin, je suis conduite à une heure de route de Chiang Mai, au village de Mae Kampong, point de départ d’un réseau de 5 kilomètres de tyroliennes à travers la canopée. Une petite pause dans le tourisme culturel, et place à l’aventure avec Flight of the Gibbon ! Durant le trajet une vidéo nous est présentée, expliquant le concept de cette attraction et les normes de sécurité à respecter. De ce côté, rien à craindre, les techniciens vérifient le parcours chaque matin et tous les trois mois des spécialistes viennent contrôler l’installation. Une fois sur place, on nous équipe et c’est parti !

Trois guides dynamiques accompagnent notre petit groupe de huit personnes maximum. Depuis la première d’une succession d’une trentaine de plateformes, on se prépare pour la lancée. Avec surprise, je remarque qu’un accompagnateur est en train d’attacher mes mousquetons, et ce sera comme ça durant tout le parcours : on ne touche à rien, ils nous sécurisent, et nous, on profite. Alors je me laisse faire, et pendant qu’ils me préparent pour le prochain saut dans le vide, j’ai la tête ailleurs, le nez dans mon appareil photo.

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Les tyroliennes s’enchaînent, perchées dans la canopée, frôlant les branches et nous offrant parfois de superbes panoramas sur la forêt et les montagnes. Vraiment, ce parcours est dressé dans un cadre magnifique. Une forêt vierge luxuriante, qui abrite une importante biodiversité, dont des gibbons…

Rencontre avec une famille de gibbons

Ce matin, étant parti tôt, nous avons la chance d’observer trois gibbons. En premier c’est leur cri, impossible à échapper, qui retentit dans la forêt. Et c’est ainsi tous les matins chez les gibbons comme j’avais pu le découvrir au parc national de Cuc Phuong au Vietnam. Un appel assourdissant, une sirène d’alarme, des vocalisations en duo capable de porter jusqu’ à 2km à la ronde ! Puis ils s’approchent, curieux. Deux mâles, qui se distinguent par leur couleur noire. Plus loin, je repère une femelle au pelage couleur crème. Ces individus ont été relâchés dans la nature dans le cadre d’un projet de réintroduction mené par Flight of the Gibbon. Gardés en captivité illégalement ce couple a été sauvé et réintroduit en 2007, et s’est reproduit, donnant naissance à deux jeunes. La famille a retrouvé son habitat naturel et semble s’être très bien réadaptée à la via sauvage.

« Parmi les singes, les gibbons sont les seuls à communiquer avec une telle sophistication. L’étude du langage des gorilles ou des chimpanzés s’est révélée assez décevante. Malgré leur plus grande proximité avec les humains, ils s’expriment par des cris dont le spectre est limité […] La virtuosité de leurs chants, avec cette grande richesse de sons, pouvait peut-être correspondre à une forme de langage structuré, articulé, plus proche du nôtre que celui des grands singes […] Les centaines d’heures d’enregistrement patiemment récoltées ont mis au jour un langage d’une richesse insoupçonnée. Esther Clarke a publié en 2010 une thèse très remarquée sur la question, confortant l’hypothèse du chant comme moteur de l’évolution du langage. Pourquoi chez les gibbons plutôt que chez nos cousins les grands singes ? » L’incroyable vocabulaire des singes décrypté

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On les quitte en s’élançant sur la plus longue tyrolienne du parcours : 800 mètres de long. L’adrénaline monte et cette fois, des cris humains retentissent…

Plus qu’une attraction touristique : un projet écoresponsable

A Chiang Mai, de nombreuses attractions similaires se sont développées sur la base de ce modèle, mais celle-ci n’est pas qu’une simple attraction touristique, c’est aussi un choix éthique. L’un des fondateurs de Flight of the Gibbon définit sa vision du projet à l’origine :

« Développer une entreprise durable, qui cohabiterait en harmonie avec l’environnement tout en apportant des bénéfices à la communauté locale. »

Soucieuse du respect et de la préservation de l’environnement, cette compagnie investit une partie de ses bénéfices dans un grand nombre de projets de conservation tels que la réintroduction des calaos ou des gibbons, la restauration de la forêt à travers la plantation de milliers d’arbres indigènes dans des zones déforestées, l’organisation de journées de nettoyage et de prévention d’incendies, des enquêtes de terrain pour identifier les actions à entreprendre afin de préserver la biodiversité, etc.

Au niveau social, les initiatives sont très positives aussi. Flight of the Gibbon essaie d’impliquer autant que possible les habitants locaux dans ses projets. La plupart des employés provient du village, et cette vision de conservation et de restauration de leur habitat environnant leur est transmise afin d’encourager les bonnes pratiques.

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Au retour de notre aventure qui a duré environ deux heures, un repas traditionnel nous attend. Il est un peu tôt mais l’adrénaline et la vue des plats appétissants nous attirent vers les tables dressées, où les différents groupes de la journée se croisent. Des musiciens locaux jouent quelques airs traditionnels alors qu’on savoure notre repas, peu épicé.

Oui, je recommande !

Une attraction vraiment agréable qui m’a plu par la beauté du paysage, la présence des gibbons, et la variété des tyroliennes. Seul bémol, l’impression que les groupes se succèdent un peu à la chaîne et du coup, on ne prend pas le temps de se poser, d’observer les alentours et de discuter avec les guides qui sont supposés nous donner des informations sur la biodiversité environnante.

En Thaïlande, il existe trois parcours de tyroliennes : celui-ci dans les environs de Chiang Mai, mais aussi un près de Bangkok et un autre près de Samui. Flight of the Gibbon continue à s’étendre et est en cours de construction d’un parcours au Cambodge, dans les environs de Siem Reap.

Retrouvez l’ensemble des articles de ce voyage ici : Quatre mois en Asie du Sud-Est

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2 commentaires pour “Tyroliennes dans la jungle au milieu des gibbons à Chiang Mai”

  1. Jacquot dit :

    Bonjour, c’est maintenant que je vois ce sorte de singe. C’est une belle attraction, beau pays.

  2. Ian Feder dit :

    Hi Lauren I did this about two years ago and enjoyed the experience but felt a bit like Dumbo the Flying Elephant rather than a gibbon. Ian
    Lucky you, still travelling.

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