Carnet de voyage
juin 14, 2016

A la rencontre des temples bouddhistes du nord de la Thaïlande

A la rencontre des temples bouddhistes du nord de la Thaïlande

Partie depuis fin février 2016, du Cambodge au Laos, en passant par le Vietnam, me voilà en Thaïlande, dernière étape de ce périple en Asie du Sud- Est. Au lieu de descendre jusqu’au sud du Laos, où se trouve les fameuses « 4000 îles » ou le plateau des Bolovens, j’ai préféré traverser la frontière thaïlandaise à Vientiane. Petit à petit, je trace mon itinéraire entre les villes du nord du pays et les innombrables temples bouddhistes…

Les paysages sur les rives du Mékong

Visa accordé, bienvenue à Nong Khai !

Depuis Vientiane, capitale du Laos, le Pont de l’Amitié mène à Nong Khai. De l’autre côté du Mékong, au bord du fleuve, cette petite ville ressemble à une station balnéaire. Une piste cyclable longe le rivage, et l’ambiance invite à la détente. Dans le parc de Sala Kaew Ku se trouvent un ensemble de sculptures extravagantes tirées de l’imaginaire bouddhiste ou hindou. Celles-ci sont l’œuvre de l’artiste Luang Pu Bunleua Sulilat, qui a réalisé aussi celles du parc similaire se trouvant juste de l’autre côté de la frontière.

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Une halte à Pak Chom

Je ne m’attarde pas à Nong Khai. Mon visa dure 30 jours et le nord de la Thaïlande semble trop vaste pour se dévoiler en un mois. Le lendemain après-midi, dans le bus, les fenêtres sont grandes ouvertes et des ventilateurs tournent au plafond. Les cheveux balayés par le vents, je m’évade à travers les jolis paysages qui font de cette route le bonheur des photographes. Un Thaïlandais m’a recommandé de faire une halte à Pak Chom où j’arrive quelques heures plus tard. Seule touriste dans cette toute petite ville, les gens sourient et me saluent au passage. Je pose mes affaires face au Mékong et profite de cette étape pour photographier le panorama qui s’offre à moi. Le coucher de soleil est magnifique et n’annonce en rien l’orage qui surviendra quelques heures plus tard. Oui, maintenant que la mousson a commencé, il pleut presque tous les jours.

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Le Bouddha de Phitsanulok

Après une nouvelle journée de voyage où je combine une camionnette dotée de deux rangées de banquettes se faisant face (à découvert, on respire les pots d’échappement) et un bus VIP (trop) climatisé, je fais une pause à Phitsanulok, carrefour important de la Thaïlande du Nord.

La Thaïlande : premières impressions

Peu à peu la Thaïlande me dévoile ses traits, à travers ses habitants, ses magasins, sa nourriture et ses villes. Dans ce pays où l’on roule à gauche, finit les baguettes (ou presque) et place à la fourchette et la cuillère : la première sert de couteau, la deuxième de fourchette. Le niveau de vie plus élevé se ressent dans l’attitude des gens, et les larges pick-up blancs ont définitivement pris le pas sur les scooters. La langue semble assez similaire au laotien, et mes rudiments sont toujours utiles pour marchander au marché. Rétrospectivement, je me rends compte aussi qu’à travers ce voyage, j’ai remonté l’échelle de propreté de l’Asie du Sud-Est (en termes de pollution visuelle, les déchets) : de la pollution extrême au Cambodge, encore présente au Vietnam mais bien réduite au Laos, jusqu’à un niveau de propreté exemplaire en Thaïlande.

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Pélerinage de Wat Yaï

Phitsanulok n’est pas une ville particulièrement intéressante en soi mais voilà, elle est sur la route, et ce soir il n’y a plus de bus pour Sukhothai. En réalité, je pense que chaque ville a son « joli coin » si l’on prend le temps de la connaître, mais je n’ai pas trouvé celui-ci ; il devait sûrement se trouver au bord de la rivière Nan.

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Fabriquée en 1357, elle est considérée comme la statue du Bouddha la plus belle et la plus représentative de toute la Thaïlande.

L’attraction principale est le temple Wat Phra Si Rattana Mahathat (ou Wat Yaï pour les intimes). Il abrite le Bouddha Chinnarat, qui est l’un des plus vénérés de Thaïlande et en fait un lieu de pèlerinage important pour les bouddhistes ; soit 95% de la population. On se déchausse à l’entrée et, les épaules et les genoux couverts, je suis autorisée à prendre des photos agenouillée. Plusieurs fidèles semblent jouer des maracas en secouant bruyamment un pot en bambou rempli de petit bâtonnets, jusqu’à ce que l’un d’entre eux s’échappe et tombe au sol ; le numéro indiqué est supposé prédire leur avenir.

buddha-thailandeJe suis allée faire un tour dans la fabrique de bouddha de Mr Booranakate. Voilà 30 ans qu’il travaille dans cette petite fonderie, réalisant d’innombrables statues de bronze de toutes tailles en ayant à cœur de perpétuer une méthode ancestrale de fabrication : la technique de la cire perdue. Juste à côté se trouve une cour remplie d’oiseaux en cage (le « jardin des oiseaux »), des espèces plus ou moins rares comme les impressionnants calaos à casque jaune. Cet endroit à un but d’éducation environnementale, mais les petites volières manquent cruellement d’enrichissement.

Pour information, Phitsanulok a joué un rôle stratégique à deux reprises dans l’Histoire en empêchant l’invasion birmane. Qui plus est, la plupart des quartiers anciens de la ville furent détruits dans un grave incendie en 1955.

La cité ancienne de Sukhothai

Sukhothai signifie L’aube du bonheur et fut la première capitale du royaume de Siam à partir du 13e siècle, et ce pendant 200 ans. Les ruines de cette ère passée sont désormais accessibles au public, et une « nouvelle » Sukhothai s’est construite à 12 km de là.

bouddhisme-thailandeCapitale du premier royaume du Siam aux XIIIe et XIVe siècles, Sukhothaï conserve d’admirables monuments illustrant les débuts de l’architecture thaïe. La grande civilisation qui se développa dans le royaume est tributaire de nombreuses influences et d’anciennes traditions locales, mais l’assimilation rapide de tous ces éléments forgea ce que l’on appelle le « style Sukhothaï » […] Les établissements religieux dans des sites historiques continuent d’être vénérés et utilisés pour le culte. Les fêtes traditionnelles ont encore lieu sur place. L’alphabet unique de la langue Thai inventé à Sukhothai reste en usage aujourd’hui. Et les personnalités connues de l’histoire Sukhothai continuent à être respectés comme les fondateurs de la nation thaïlandaise. » UNESCO

J’enfourche un vélo et part me balader au milieu des ruines, sur des pistes cyclables bordées de palmiers, de canaux et de réservoirs d’eau. Il y a très peu de touristes en cette saison. Plusieurs sites sont disséminés autour de la ville et je découvre, sous un temps gris, des statues de Bouddha en pierres de toutes tailles, assis, debout ou couchés, qui regardent d’un œil bienveillant les touristes armés de leur appareil photo. Le site central de Wat Mahathat est certainement le plus intéressant, mais je suis impressionnée par le Wat Si Chum, au nord-est : un cube fendu de 15m de hauteur et 32m de long à travers lequel un énorme visage apparaît. A l’intérieur, cette énorme statue est à l’étroit, assise dans la position du lotus ; et pourtant, elle sourit.

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Vestiges d’une autre époque, comme cette statue de Bouddha de 9m de haut entre deux colonnes brisées.

Sous un parasol, un homme vend des grenouilles vivantes dans des sacs en plastique remplis à moitié d’eau. D’après ses mimiques, je comprends que ce sont des offrandes au Bouddha. Donc on paie, on relâche les grenouilles dans la nature (c’est-à-dire là où elles étaient avant) et on prie. Cela me rappelle cette femme qui vendait des couples d’oiseaux dans de petites cages en bambou pour les relâcher en haut du Mont Phu Si à Luang Prabang. Elle les cachait pour que je ne les prenne pas en photo.

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Lampang, ses temples et calèches à chevaux

temple-bouddhisteAvant d’atteindre Chiang Mai, je passe une nuit à Lampang, une ville thaïlandaise certainement plus typique et traditionnelle que la première. Une atmosphère décontractée s’en dégage. Lampang s’étale le long de la rivière Wang, avec la vieille ville et ses temples d’un côté, et la ville plus moderne de l’autre. Depuis les nombreux ponts, la vue sur le cours d’eau montre un paysage verdoyant où les jonquilles d’eau forment de grandes nappes à certains endroits. Prendre un vélo pour visiter cette ville est sûrement la meilleure option, mais pas la plus originale : Lampang est le seul endroit en Thaïlande qui propose des balades en calèche. Cette ville présente une grande richesse architecturale, un héritage birman (colonisée par la Birmanie pendant 200 ans) ou chinois (d’anciens commerces), que l’on retrouve dans certains édifices d’époque le long de la rue Talad Kow.  Enfin, à 20km du centre-ville, se trouve le fameux temple Wat Phra That Lampang Luang, que j’ai manqué…


INFOS PRATIQUES Visiter Sukhothai

    • Logement : évitez de loger dans la nouvelle ville de Sukhothai si votre but est de visiter la cité historique. Il y a plein d’hébergements possibles juste à l’entrée du site, et c’est beaucoup plus pratique en termes de transport.
    • Transport : depuis Sukhothai, il est possible de continuer sa route vers Chiang Mai ou Phitsanulok sans avoir besoin de revenir à la station de bus ; les bus passent par la vieille ville en chemin. Presque en face du marché couvert, vous trouverez une petite agence de voyage qui vend des tickets de bus.

     

Retrouvez l’ensemble des articles de ce voyage ici : Quatre mois en Asie du Sud-Est

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4 commentaires pour “A la rencontre des temples bouddhistes du nord de la Thaïlande”

  1. hypno180 dit :

    Merci pour votre partage, m’étant déjà rendu en Thailande, je ne connaissais pas du tout ces lieux et j’ai très envie de découvrir ce pays d’une autre manière. En vous remerciant pour ces informations pertinentes

  2. Je vous remercie pour cet article, grâce à vous j’ai connu des informations pertinentes.

  3. Marie dit :

    super endroit, vraiment envoûtant
    Marie Articles récents…Les plus beaux cinémas de BarceloneMy Profile

  4. Ian Feder dit :

    Hi Lauren

    I am back in New Zealand but continue to enjoy your very interesting commentary. If only my French was better!

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