Woofing & Ecotourisme
février 17, 2016

Rencontre inoubliable avec les baleines de l’île Sainte-Marie

Rencontre inoubliable avec les baleines de l’île Sainte-Marie

(Juillet et août 2013) Madagascar ! Le déroulement de mon périple autour de l’Océan Indien s’est planifié en fonction de ce projet d’écovolontariat, que je n’aurais voulu manquer pour rien au monde : la préservation des baleines à bosse de l’île Sainte Marie, au nord-est de Madagascar. Une expérience unique et inoubliable…

Arrivée à l’aéroport d’Antananarivo

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Akoré (« Bonjour » en Saint-Marien) ! J’ai atterri à l’aéroport d’Antananarivo, capitale de Madagascar, le 16 Juin après-midi. Depuis l’avion, en survolant l’île, j’ai un choc. La terre est nue. Il n’y a rien, aucune trace de verdure. A l’arrivée, je règle les détails de mon visa (bien moins cher sur place que si je l’avais fait faire depuis la France finalement !), achète ma quatrième carte SIM depuis le mois de janvier et retire de l’argent au distributeur de l’aéroport. Un euro correspond à 2800 Ariary, que je ne peux m’empêcher d’appeler « roupie » en souvenir des roupies sri-lankaises, indiennes et mauriciennes…

baleine-sainte-marie-ecovolontariat-a-l-etrangerNous sommes en hiver dans l’hémisphère sud et les habitants portent bonnets, écharpes ou pulls tricotés. En effet, la capitale se situe dans la région des Hauts-Plateaux où je redécouvre le froid dès la tombée de la nuit. J’ai enfilé toutes mes épaisseurs pour la soirée et me suis couchée avec une polaire. Au secours, apportez-moi une bouillotte ! Réveil à 5h du matin pour reprendre l’avion qui me conduira sur l’île Sainte-Marie. Cependant, j’ai appris au fil des jours que la compagnie Air Madagascar, qui fait le transfert entre la Grande Terre et l’île, est loin d’être fiable. Elle a réduit de 12 à 4 le nombre d’avions par semaine et, régulièrement, des vols sont décalés ou annulés. Pas très encourageant pour le tourisme de l’île. Bref, mon avion a eu trois heures de retard et j’en ai profité pour faire la connaissance du président de l’Association Cétamada, que j’allais rejoindre plus tard…

Les saveurs de l’île Sainte-Marie

madagascar-sainte-marieJ’ai été très bien accueillie ! Les trois premiers jours, j’en ai profité pour m’habituer aux lieux, me balader en vélo et goûter les différentes friandises vendues en bord de route (beignet à la banane, gâteau au manioc, à la farine de riz, etc.). 200 Ariary la pièce… soit 0,07 euros. L’une des spécialités de l’île, selon les ressources présentes, est le poisson cuit dans le lait de coco. Délicieux ! J’ai abandonné toute idée de végétarisme sinon je n’aurais que du riz dans mon assiette (les légumes coûtent cher et sont importés de la Grande Terre). J’apprécie donc le poisson frais du jour à chaque repas, quand d’autres préfèrent le zébu ou le poulet local, vendu vivant, les pattes liées, et fourré dans le panier des femmes sur le marché.

Formation des écovolontaires

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Après ces quelques jours d’acclimatation, je rejoins d’autres écovolontaires pour débuter une formation d’écoguide scientifique de dix jours. La plupart d’entre nous sommes logés dans un hôtel en ville. Très bonne ambiance ! Le balcon donne sur le canal de Sainte-Marie, large de 40 km, et Madagascar se devine à l’horizon. Programme chargé : formation théorique et pratique, sorties en mer et répétitions de la conférence que nous donnerons par la suite dans les hôtels plusieurs fois par semaine.

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[…] Lundi passé, je rejoins l’hôtel Lakana où je serai logée pendant toute la saison jusqu’à mon départ, mi-août. Des bungalows en bord de mer, se confondant dans la végétation, et un long ponton qui s’avance au milieu de l’eau (d’où je fais parfois du yoga face au soleil couchant). Ambiance paisible, détendue, chaleureuse.

Photographier une baleine : tout un art !

« Le défi pour les scientifiques consiste à identifier les baleines afin de mettre en place un suivi personnalisé. Première méthode : utiliser les marques naturelles, équivalentes de nos empreintes digitales, présentes sur les nageoires de chaque baleine. L’association Cétamada ayant noué des partenariats avec la plupart des hôteliers de l’île, lorsqu’une sortie en mer est organisée pour les touristes, un volontaire de l’association formé au protocole de photo-identification embarque sur le bateau. Son rôle est triple : guider les visiteurs, expliquer l’importance de la pratique du whale watching responsable et durable et photographier les baleines. » Isabelle d’Assise, CNRS

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Cette semaine, j’ai eu la chance de sortir trois fois en mer, sous un beau soleil. Pour le moment, il y a plus de baleines que de touristes ! C’est magique. On se croirait à un feu d’artifice en entendant ces Oh ! et Ah ! d’exclamation à chaque fois que la baleine se propulse hors de l’eau. On ne sait plus où donner de la tête. L’espèce présente dans ces eaux est la baleine à bosse, Megaptera Noavengliae, qui a commencé à arriver mi-juin et est déjà présente en grand nombre. Elles viennent passer l’hiver austral sous les tropiques pour mettre bas et se reproduire. Elles ont parcouru 5000km entre leur zone de nourrissage, dans l’Antarctique, et ici.

Sortie n°1 : Imaginez le bateau qui tangue, mon appareil photo en main que je dois à tous prix protéger des embruns et des vagues salées, attendant la baleine qui va sortir quelque part d’un moment à l’autre (mais où faire la mise au point ?!). Vingt minutes plus tard, des photos de splashh ou de parties de baleine floues dans la boîte, je range tout. Mal de mer. Et puis on s’habitue…

Ça y est, j’ai découvert le paradis…

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Deux mois intenses à vivre au jour le jour, au gré du temps, de l’état de la mer, du spectacle des baleines et du nombre de touristes. En se baladant à vélo sur cette route goudronnée qui rejoint l’aéroport à la ville, on est pris par la musique qui s’échappe des villages. Tous les 100 mètres, l’envie de m’arrêter et danser me démange. Un jour à terre et la mer me manque déjà. Je scrute l’horizon ; les baleines soufflent au loin, sautent, et parfois elles nous appellent à 6 heures du matin juste derrière le récif à coups de frappes de (nageoires) pectorales. Incroyables géants des mers… Le soir, vers 18 heures, la nuit a déjà pris possession du ciel. C’est magique. On se perd dans cette multitude d’étoiles scintillantes. Les bouteilles de punch coco terminées, on rentre de la Case à Nono (la fameuse discothèque de l’île) tout en envoyant des vœux aux étoiles filantes sur le chemin. La vie est belle.

Retrouvez l’ensemble des articles de ce voyage ici : Huit mois autour de l’Océan Indien

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4 commentaires pour “Rencontre inoubliable avec les baleines de l’île Sainte-Marie”

  1. LECLERC dit :

    Ton blog est vraiment super ! J’adore lire tes articles…
    Je dois aller à Madagascar (Nocy Be plus exactement) soit fin aout soit en octobre. As tu des conseils ou des bons plans concernant l’avion ou le transport ? Merci et bonne continuation 🙂 Julia

    • Bonjour Julia, merci beaucoup pour ton commentaire ! Je retourne à Madagascar mi-août pour 4 mois, et je vais avoir l’occasion de mieux visiter ce pays, contrairement à la dernière fois où j’ai vraiment passé tout mon temps sur l’île Sainte-Marie. Donc je ne peux pas encore te conseiller sur les transports pour le moment…

  2. Little Birdy World dit :

    Quelle belle expérience! Cela a du être un moment magique à vivre! Voyager de cette manière m’attire beaucoup! Je prépare un TDM et j’aimerai savoir si tu avais quelques conseils pour trouver des associations qui proposeraient également des missions de volontariat un peu partout dans le monde ou par pays?

    • Ah, tu me donnes une bonne idée d’article à écrire ! 😉
      Il y a 2 sites que je te recommande pour trouver des missions d’écovolontariat : Ecoteer (mon préféré, mais leur site est en reconstruction je crois. Il propose plein de missions avec des ONG ou associations locales, et le prix de participation aux projets est relativement faible par rapport à d’autres ONG internationales) et Green Volunteers (tout en anglais, il faut payer une petite participation pour avoir accès aux projets mais ils présentent une liste quasi exhaustive de tous les projets en lien avec la conservation de la biodiversité).

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