Woofing & Ecotourisme
juin 7, 2016

Expérience authentique dans un écolodge près de Luang Prabang

Expérience authentique dans un écolodge près de Luang Prabang

Après plusieurs jours passés à m’imprégner de l’ambiance de Luang Prabang, l’une des plus belles villes d’Asie, c’est parti pour une retraite de trois jours dans un cadre enchanteur, coupée d’internet, du téléphone et presque de l’électricité, mais pas du confort…

kamu-lodgeLe Kamu Lodge, un écolodge situé à 30 km en amont de Luang Prabang, ne s’atteint que par bateau. L’agréable traversée, à contre-courant, dure presque trois heures avec une halte pour visiter les grottes de Pak Ou qui abritent des milliers de statuettes de Bouddha. La saison touristique touche à sa fin et nous sommes seulement trois Françaises à embarquer sur le Mékong. Le paysage défile, les flamboyants rouges parsèment la végétation de touches de couleurs magnifiques, et petit à petit on laisse la ville derrière nous pour accueillir les montagnes. Le fleuve est bas en cette saison, et le jeune capitaine évite habilement les obstacles invisibles qui risqueraient de heurter notre embarcation. Certains speed boat nous dépassent à toute allure, les passagers vêtus d’un casque de moto.

Une expérience unique de la vie au Laos

A l’arrivée, nous sommes accueillies chaleureusement par le directeur, Olivier, un expatrié français vraiment très sympathique. Avec lui et le guide laotien attitré du Kamu Lodge, nous sommes entre de bonnes mains. Dynamiques, serviables et adorables, ils ont réponse à toutes nos interrogations et n’hésitent pas à prendre le temps de nous expliquer ce qui fait la particularité du Laos et de ses habitants. Nous planifions ensemble le déroulement de notre séjour. Au vu des nombreuses activités proposées, on ne risque pas de s’ennuyer !

Apprendre à labourer et repiquer le riz

eco-hotel-laosLe riz est la denrée de base en Asie du Sud-Est. Le temps d’une après-midi, on se met dans la peau d’un paysan laotien, et quelle expérience ! Les pieds nus dans l’eau chaude et la boue, on oriente la raie de labour tirée par le buffle d’eau qui marche à l’avant, en tentant de ne pas glisser tout en suivant son rythme. Ce n’est pas facile. Un tour de terrasse est l’on abandonne déjà. Il fait si chaud (et surtout très humide) ! On passe ensuite au repiquage. Un villageois nous montre les gestes, que l’on répète après lui. C’est une activité plutôt agréable, mais j’imagine le mal de dos après des heures ainsi… A savoir que le riz a germé avant d’être planté dans un premier temps dans la pépinière. C’est lorsqu’il a atteint une vingtaine de centimètres qu’il est planté (ou re-piqué) dans la rizière.

Randonnées en pleine nature

eco-lodgeAprès un copieux petit-déjeuner, nous partons pour une randonnée de quelques heures. A travers la forêt ou les plantations de riz de montagne, le long de la rivière ou au milieu de parcelles brûlées, nous découvrons de très beaux paysages et croisons en chemin plusieurs villageois qui nous saluent le sourire aux lèvres. Notre guide nous mène à travers un village Khamu, un village Lao et un village Hmong. Chacun a ses caractéristiques propres, selon si les maisons sont sur pilotis ou pas, selon l’espace et l’organisation entre les habitations, selon les matériaux de construction utilisés, etc. Au dernier village, nous apercevons avec surprise un éléphant s’éloigner dans la forêt, monté par son mahout, pour aller travailler (dur)… En fin de journée, une heure de massage traditionnel très relaxant, au milieu des sons de la forêt, vient détendre nos membres endoloris.

Plusieurs autres activités sont proposées par le Kamu Lodge, dans le but de nous faire découvrir le quotidien des Laotiens à la campagne en général, et des Khamu en particulier, telles que la chasse à l’arbalète, la pêche au filet (ou pêche à l’épervier), ou l’orpaillage traditionnel.

L’intégration durable d’un village ethnique local

J’interroge Duangmala Phommavong, la fondatrice laotienne du Kamu Lodge, sur sa vision de départ en créant cet écolodge. Voici sa réponse :

Le concept du lodge, qui répond au besoin d’un tourisme alternatif sur le Mékong et à proximité de Luang Prabang, repose sur les 3 principes du développement durable : l’harmonie naturelle du site (l’eau, la montagne, la plaine), le développement d’un écotourisme durable qui intègre l’économie et permette l’amélioration des conditions de vie des villageois ; l’accord et le soutien des autorités laotiennes ont permis d’aider ce village à améliorer l’hygiène de vie (réduction des maladies et de la mortalité infantile), l’éducation et la création d’emplois.

Partenariat avec un village Khamu

khamu-laosLe village de Ban Nioy Hai est un village Khamu de 430 habitants. Sur les 6,6 millions d’habitants du pays, 11% de la population laotienne appartient à l’ethnie Khamu. Au début du projet en 2006, les fondateurs pensaient bien faire en apportant aux villageois un moyen de se développer. Ce ne fut pas si simple, ceux-ci leur ayant fait comprendre qu’ils n’avaient pas besoin d’eux. Ainsi, les premiers employés venaient tous de la ville de Luang Prabang. Puis, petit à petit, les relations avec les villageois se sont améliorées jusqu’à ce qu’aujourd’hui, la totalité des 25 employés (exceptés le guide et le manager) provienne du village, qui est presque accolé à l’écolodge. A savoir que l’objectif n’est pas de préserver l’authenticité du village pour les touristes. Les minorités ethniques évoluent, comme partout, avec la mondialisation. De plus, comme beaucoup d’autres, ce village a été déplacé, entraînant avec la perte de leurs repères la disparition d’un pan de leur culture. Ils sont cependant encouragés à transmettre leur savoir faire et coutumes aux nouvelles générations.

En plus de leur fournir un emploi, une trésorerie a été mise en place dans le but d’améliorer les conditions de vie au village : pour chaque touriste qui vient passer un séjour ici, 1$ est reversé au village. Au bout d’une année, la somme est conséquente et reversée au chef du village, accompagnée de donations de particuliers. Ce système de micro-crédit est utilisé à bon escient : les villageois formulent un besoin en commun (tels que l’école, le dispensaire, etc.), l’écolodge leur reverse l’argent, et les autorités contrôlent l’usage des fonds et s’occupent de répondre aux besoins administratifs (un enseignant, un infirmier, un agronome, etc.). Une école primaire a vu le jour et les enfants du village sont presque tous scolarisés maintenant.

Des pratiques écoresponsables

Logement en tente safari

ecolodge-laosDans cet écolodge, les habitations sont assez uniques. Une vingtaine de tentes safari en provenance d’Afrique du Sud bordent le Mékong au milieu d’une végétation luxuriante. Les tentes sont hybrides, installées sous un toit de chaume protégeant de la pluie et du soleil, et accolées à une salle de bains en dur avec douche et toilettes. Des panneaux solaires fixés au toit procurent suffisamment d’énergie pour faire fonctionner le ventilateur et la lumière à la nuit tombée. Les chambres sont relativement larges, avec des lits confortables et un joli mobilier. Le soir, on s’endort bercé par les sons de la nature.

Nourriture bio et locale

hotel-luang-prabangLe restaurant sur pilotis est planté au milieu des rizières en terrasse, en plein air. A notre arrivée, un groupe d’enfants chantonne en ramassant les mauvaises herbes, disparaissant parfois au milieu des herbes hautes. Quant au lounge, avec chaises et coussins, il se dresse au milieu d’un bassin de nénuphars. Le soir, les lucioles scintillent dans la nuit noire, à côté des torches éclairant les allées. La nourriture est un assortiment de plats laotiens traditionnels, très bonne et copieuse, réalisée à partir d’ingrédients biologiques cultivés sur place pour une grande partie et cuisinée au feu de bois. En dessert, on retrouve les délicieux fruits tropicaux du pays. Seul le petit-déjeuner a une touche plus occidentale, délicieux.

 

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7 commentaires pour “Expérience authentique dans un écolodge près de Luang Prabang”

  1. Valentin dit :

    Très beau reportage sur ton expérience de vie au Laos ! Je prends note de tout ça en vue d’un futur périple en Asie du Sud-Est.

    Valentin
    http://courir-lemonde.com/

  2. Jacquot dit :

    Beau reportage, c’est vraiment intéressant, merci.

  3. Dominique Martin dit :

    Les « deux Francaises » partagent ces impressions de bonheur pour ce retour à la nature dans un cadre idyllique, cette initiation aux rites locaux, cette découverte des populations et de spectaculaires paysages.
    Sans compter l’accueil du manager et la qualité de Lee le guide du Kamu Lodge.
    Le trek dans la montagne, les rizières et les villages à ete un véritable enchantement. Sans oublier le délicieux pique nique partage sous un toit en bambou avec une charmante vieille dame qui travaillait dans la montagne.
    Lieu à recommander très vivement.

  4. Philippe dit :

    Super ton reportage ! Je t’ai réservé un petit bout de terrain pour la culture du riz :=))

  5. BRAVO l’idée d’apprendre à repiquer du riz, proposée par cet ecolodge ! En tous les cas, cela donne envie de tout laisser pour partir au Laos ! Merci pour ce reportage !

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