Carnet de voyage
mai 9, 2016

Entre les rizières de Sapa et la région d’Ha Giang, je n’hésite pas !

Entre les rizières de Sapa et la région d’Ha Giang, je n’hésite pas !

Après un mois au Vietnam, les prolongations commencent ; mais 10 jours de plus sur le territoire, c’est encore trop court. Depuis l’île de Cat Ba où j’ai découvert la magnifique baie d’Halong sous un jour authentique, je cours récupérer mon passeport à Hanoï avant de sauter de nouveau dans un bus de nuit en direction des contrées montagneuses au nord du pays…

Seule au milieu d’Ha Giang

Ha Giang est la province montagneuse située à l’extrême nord du Vietnam, surnommée le « toit du Vietnam » ou encore le « plateau rocheux d’Ha Giang ».

meo-vacQuand les touristes sont là, on les fuit. Mais dès qu’ils disparaissent totalement, on est prêt à devenir le meilleur ami du premier venu. Oui, c’est un peu mon ressenti aujourd’hui. Arrivée en bus à l’aube, je finis ma nuit dans le premier hôtel trouvé. Puis, comme à chaque fois que je débarque dans un nouvel endroit, je m’engage au hasard des rues ; me perdre pour mieux découvrir. C’est l’heure de la « chasse matinale » et je tente de repérer le meilleur street food au nombre de Vietnamiens attablés. Comme d’habitude, pour le petit-déjeuner, ce sera un pho – il existe tout de même plus de 17 façons de préparer cette soupe de nouilles de riz au délicieux bouillon, si réconfortante !

Périple à moto au départ de Dong Van : l’Aventure

ha-giangHa Giang (qui porte le même nom que la province) est une ville assez calme qui n’a pas grand intérêt en soi. Elle est surtout le point de départ d’un circuit magnifique. La boucle Ha Giang/Dong Van/Yen Minh/Meo Vac/Ha Giang ne fait pas partie des circuits touristiques classiques et pourtant, les paysages sont véritablement à couper le souffle. L’idéal est de faire ce circuit de 320km en 3 jours, à moto. Le parcours est relativement difficile et dangereux : route de montagne parfois accidentée, et passages de bus et camions peu enclins à laisser la priorité à plus petit que soi. Mon idée de base, de faire de ce périple ma première expérience en moto, seule, aurait été une mauvaise idée ; mais j’ai eu de la chance ! Je tombe par hasard sur un voyageur très sympathique qui accepte de me laisser monter avec lui. On visita la région ensemble les deux jours suivants.

ha-giang-motoA défaut de faire toute la boucle en moto, au contraire de nombreux jeunes Vietnamiens téméraires venus passer leurs vacances ici, on se contenta de la plus belle partie, au départ de Dong Van. En effet, ce week-end, c’est jour rouge ! Tout le pays a quatre jours de congé (les vacances sont rares et la plupart des gens travaillent 6 ou 7 jours sur 7) pour fêter la victoire communiste le 30 avril 1975, contre le Sud-Vietnam, et ainsi la réunification du pays. Résultat, tous les logements sont plein et dans les grandes villes, les gares et stations de bus sont prises d’assaut. Finalement, c’était plutôt une bonne idée de venir dans cette région isolée à ce moment-là.

Le « pôle nord » du Vietnam, à la frontière chinoise

A l’extrême nord du Vietnam, érigé au sommet de la montagne de Lung Cu, se trouve le flagpole. Maintes fois rénovée, cette sculpture symbolise le patriotisme et la fierté nationale des 54 groupes ethniques, dont les Kinhs (ou Viêts) représentent 80% de la population. 839 marches plus haut, à l’ombre du drapeau vietnamien flottant au vent, on découvre un panorama à 360°C. Tout droit, c’est la Chine !

flagpole-lung-cuTout au long de la route, nous croisons des personnes issues des minorités ethniques locales. Elles marchent des kilomètres chaque jour. A leur ceinture, outil du quotidien, pend une faucille. Les femmes portent sur leur dos un gros panier en osier, d’où s’échappe un parapluie qui leur sert aussi bien à se protéger du soleil que de la pluie. Laissés à eux-mêmes, les enfants qui sont encore trop jeunes pour aider leurs parents aux champs sont assis en bord de route et regardent et saluent les groupes de motocyclistes. Ce week-end là, c’est un peu comme le tour de France, où les participants, les phuoter, ont revêtu pour l’occasion un tee-shirt rouge avec une étoile jaune au centre ; le drapeau vietnamien. Les aînés, parfois âgés de 6 ou 7 ans seulement, portent en écharpe sur leur dos le dernier né de la famille.

Géoparc mondial UNESCO : le plateau karstique de Dong Van

circuit-vietnam-nord« Un géoparc mondial UNESCO est un espace territorial présentant un héritage géologique d’importance internationale. Cet héritage permet aux populations de prendre conscience et de trouver les clés pour répondre au contexte géodynamique de la planète sur laquelle nous vivons tous. […] Les géoparcs mondiaux UNESCO informent sur le besoin et l’utilisation durable des ressources naturelles exploitées et extraites tout en faisant la promotion du respect de l’environnement et de l’intégrité du paysage. » UNESCO

ha-giang-maïsJe me sens telle une aventurière en terre inconnue. Un permis de voyage est nécessaire pour visiter les zones reculées, que je me procure au poste de police. Entre Dong Van et Meo Vac, la route sinueuse de 22km constitue la plus jolie portion du circuit. Elle offre un panorama exceptionnel sur les montagnes de karst. A l’image de Tam Coc et de la baie d’Halong, le relief karstique s’épanouit ici pour former des paysages fascinants, à plus de 1000m d’altitude. D’ailleurs, la roche de ce plateau recèle des fossiles vieux de 400 à 600 millions d’années. Vraiment, après les grottes du parc national de Phong Nha, cet endroit est un véritable coup de cœur !

En regardant de plus près, on aperçoit des touffes vertes éparpillées sur tout le paysage selon un agencement bien précis. Des plants de maïs. Planté au milieu des roches, dans des endroits difficiles d’accès, le long de pentes raides, là où la terre fertile est rare, chaque bout de terrain est exploité pour cultiver le maïs. Un travail minutieux et impressionnant réalisé par les ethnies locales.

Le marché coloré de Dong Van

dong-van-marcheLe Vietnam recense 54 minorités ethniques, qui sont identifiables grâce à leur costume traditionnel aux motifs bien particuliers. Chacune a sa propre culture, son propre dialecte, ses coutumes et ses croyances, ce qui ne les empêche pas de vivre et de commercer ensemble. Certaines ethnies ne sont représentées que par quelques centaines d’individus, et toutes ne sont pas d’origine vietnamienne. A Dong Van, ce sont les Tays et les Hmongs que l’on retrouve en majorité. Rassemblés pour le marché du dimanche matin dans leurs plus beaux atours, les groupes ethniques locaux vendent légumes, riz, viande, animaux, friandises et vêtements. Un festival de couleurs. Curieuse de goûter à tout ce qui semble appétissant, je repars finalement avec un gros sachet de curcuma en poudre, 100% local, qui possède 1001 propriétés médicinales.

Sapa, ancienne station d’altitude coloniale

Après la baie d’Halong, les touristes poursuivent généralement vers Sapa. Puisque c’est si réputé, en particulier pour sa grande diversité ethnique et ses rizières en terrasse, allons donc voir ça d’un peu plus près !

minorite-ethnique-vietnamEntre Ha Giang et Lao Cai, au pied de Sapa, le paysage est magnifique. La route longe une rivière qui s’écoule au milieu de collines où sont disséminés quelques plantations de thé, des forêts, des assemblages de bambou, de bananiers et de palmiers, et ça et là, des maisons isolées au toit de paille. Cela semble si paisible. Si je n’étais pas à sauter littéralement sur mon siège à cause de l’état de la route, j’aurais aimé prendre quelques photos…

A 1650m d’altitude se trouve Sapa. Je m’attendais à arriver dans un petit village de montagne avec tout juste une dizaine d’établissements implantés le long de sentiers de randonnées, et j’ai atterri dans une ville. Hôtels, guesthouses et restaurants ne finissent plus de se construire. Ce qui attire mon attention, ce sont les femmes qui appartiennent aux ethnies de la région, qui abordent les touristes dans la rue pour vendre leurs broderies ou proposer des randonnées accompagnées. Elles portent plusieurs paires de grosses créoles à chaque lobe d’oreille, et leur tête est parée de foulards colorés. Il y a tellement d’ethnies différentes et j’ai du mal à les différencier. Les Hmongs noirs se reconnaissent facilement avec leurs vêtements teints à partir des « plantes à indigo ».

Randonnée au milieu des rizières en terrasse

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Depuis Sapa, une randonnée sur deux jours permet de grimper le plus haut sommet d’Asie du Sud-Est, le mont Fansipan (ou Fan Xi Pan), qui culmine à 3143m d’altitude. C’est le seul endroit au Vietnam où quelques centimètres de neige viennent couvrir le paysage en hiver. Depuis quelques mois, un téléphérique relie Sapa au sommet, ce qui facilite grandement l’ascension mais a mis au chômage de nombreux porteurs.

Pour vraiment profiter de la région Sapa, l’idéal est de s’échapper vers les villages alentours (Bac Ha, Coc Ly, etc.), où chacun accueille un marché traditionnel dans la semaine, promettant une rencontre plus authentique avec les minorités locales.

sapa-vietnamJe choisis une randonnée à la journée de 16km, qui descend jusqu’au village de Ta Van. Sur les sentiers empruntés par les villageois, on croise toute la basse-cour. Un superbe panorama sur les rizières en terrasse s’offre à moi tout au long de cette promenade. Vous savez, ces cartes topographiques où le relief est exprimé avec des courbes de niveau ? Maintenant, retranscrivez-les sur un paysage et vous avez Sapa, où chaque ligne est ici une terrasse, un escalier. La récolte du riz a lieu en septembre et pour le moment, les terrasses ressemblent plutôt à des bassins d’eau boueuse. Il faudra revenir pour les voir avec leur tapis de verdure ou leur manteau doré. Certaines terrasses ont plus de 100 ans, transmises de génération en génération, et ont besoin d’être entretenues chaque année.


BONNES ADRESSES Testées et approuvées à 200 % !

    • Sapa Centre Hotel : Entièrement neuf, cet hôtel plutôt luxueux se situe dans le centre touristique de Sapa. Les chambres sont calmes, modernes et spacieuses ; et les lits si confortables ! Le 5ème étage offre une très belle vue sur les montagnes environnantes. Un séjour de rêve ! Prix : 40-73€.
    • Vietnam NomadTrails propose des treks qui se veulent authentiques, le long de sentiers plus isolés et moins touristiques. Ils organisent des tours privés ou en petits groupes de 6 à 8 personnes maximum. Les guides sont soit Vietnamiens et francophones, soit ce sont des guides ethniques locaux anglophones. La randonnée d’une journée que j’ai décrit ci-dessus s’est déroulée par le biais de cette agence, et m’a beaucoup plu !

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5 commentaires pour “Entre les rizières de Sapa et la région d’Ha Giang, je n’hésite pas !”

  1. Merci bien pour cet article. Le Vietnam est un pays a ne pas rater en Asie du Sud Est. Bonne continuation !!!

  2. Ahh je regrette tellement de ne pas m’être aventurée plus loin que Sapa. Ca semble tellement beau autour. Je prends note pour la prochaine fois 🙂
    Rachel – Blog voyage Découverte Monde Articles récents…La Havane : Que faire, voir et visiter dans la capitale de CubaMy Profile

  3. tallit dit :

    Merci beaucoup pour ce beau dépaysement si près de la Chine ! Je m’imagine tout à fait sur place !

  4. Daddy dit :

    C’est magnifique !

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