Woofing & Ecotourisme
février 23, 2016

Écovolontariat au plus près des éléphants sauvages du Sri Lanka

Écovolontariat au plus près des éléphants sauvages du Sri Lanka

(Début mars 2013) Ce projet est le dernier que je mène au Sri Lanka, avant de prendre l’avion pour le sud de l’Inde. Écovolontaire auprès de la SLWCS, j’ai vécu deux semaines en pleine brousse, au centre de l’île.

Après cinq heures de route passées dans une grosse Jeep, finissant sur des routes très cahoteuses, une autre volontaire francophone et moi sommes arrivées en pleine nuit à notre hébergement, complètement perdu au milieu de nul part. En voyant nos mines sceptiques, notre guide nous rassure :

« Oui, c’est toujours un peu un choc culturel la première fois. »

sri-lankaisDeux hommes sri-lankais partageront avec nous cette grande « maison » (abri, maison, habitation… je ne sais pas comment appeler cet endroit sans portes ni fenêtres, avec de grands espaces vides entre les murs et le plafond : l’art d’être « dedans » tout en étant « dehors ») pendant deux semaines. Ils sont tous les deux employés de l’ONG Sri Lankan Wildlife Conservation Society, reconnue internationalement pour ses résultats positifs sur le terrain concernant les conflits Hommes-Eléphants.

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Logée au milieu d’un paradis sauvage

sri-lanka-ile-paysageChambre rudimentaire avec des moustiquaires pleines de trous (au moins, cette fois, je sais par où rentrent les moustiques !). Crevées, on s’endort sans problèmes. Au petit matin, réveillée par le chant des oiseaux, je fais trois pas dehors et me retrouve face à une vue magnifique sur un grand lac. Tout autours, rien que de la végétation. Nous sommes totalement isolés. Sur la colline en face, les paons sauvages paradent et criaillent. Des oiseaux aux couleurs éclatantes tels que les martin pêcheurs, les guêpiers, et aussi des pélicans ou des hérons : voilà les seuls sons qui viennent troubler l’environnement.

  • Chaque matin, nous suivons un transect au milieu de la végétation peu accueillante (c’est-à-dire qu’on marche tout droit, au hasard, d’un point A à un point B) afin de rechercher d’éventuelles traces d’éléphants. Le but étant de savoir où ils vont, combien ils sont, et de prendre des données sur leur présence.
  • Les après-midis, nous passons entre deux et trois heures dans les arbres pour observer les éléphants qui sortent des fourrés. Peu chanceux la première semaine, nous avons pu voir des éléphants de très près toute la deuxième semaine et ce jusqu’au dernier jour, où ils sont arrivés juste en face de notre perchoir. Un moment magique de pouvoir les observer de si près ! Phénomène rare, nous en avons vu un avec des défenses (combinaison génétique particulière, peu d’éléphants d’Asie mâles ont des défenses), ce qui n’était pas arrivé ici depuis 3 ans !

 

Conflit Hommes-Éléphants : une longue histoire

sri-lanka-elephants

Cet endroit est situé près d’un lac où les éléphants viennent s’abreuver avant de rejoindre l’un ou l’autre des parcs nationaux se situant juste à côté. C’est ce qu’on appelle un couloir. Le problème, c’est que les éléphants s’approchent trop près des habitations. Il y a plusieurs années, les villageois se sont appropriés ces terres au hasard, données par le gouvernement qui n’a pas pensé à s’informer de la présence éventuelle d’animaux. Or, les éléphants ont toujours eu l’habitude de circuler là.

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Régulièrement, ils viennent saccager les plantations où détruire les maisons contenant les récoltes, quand ce n’est pas une attaque directe sur la route qu’empruntent à la fois les éléphants et les hommes. La solution mise en place par cette ONG fut dans un premier temps d’entourer quelques villages d’une barrière électrique. Mettre des hommes dans un « enclos » plutôt que des animaux, ça change ! La SLWCS a déjà obtenu de très bons résultats mais des villageois meurent encore chaque année.

Beaucoup d’éducation, d’aide, de sensibilisation ont été dispensés, et la prochaine idée, moins coûteuse, serait d’utiliser des barrières naturelles (des cactus par exemple) et de changer les méthodes agricoles (planter des citrons ou élever du bétail, ce qui n’intéresse pas les éléphants).

Écovolontariat ou écotourisme ?

sri-lanka-paysagesDans l’ensemble, j’ai passé deux semaines dans un environnement très joli, où j’ai pu rencontrer des villageois vivant loin des grandes villes. La nourriture était très bonne (bien que « riz-curry » tous les jours) et très saine (ils ramassent régulièrement des plantes sauvages, connaissant les propriétés médicinales de chacune, qu’ils cuisinent ensuite en salade ou en boisson, c’est super bon… et super bio !).

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Le point négatif, c’est que je me suis sentie un peu inutile. En tant qu’écovolontaire, on aide financièrement en rejoignant le projet, mais sur place il y a peu de choses à faire et on ne travaille pas vraiment. J’ai trouvé que nous avions trop de temps libres, et on peut se questionner parfois à propos de la limite entre l’écovolontariat et l’écotourisme…

De Kandy à Negombo

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J’ai profité d’un week-end pour aller à Kandy où j’ai assisté à des danses traditionnelles. Quels jolis costumes ! Deux hommes ont terminé le spectacle en marchant sur des braises juste devant nous. Ouf, il fait chaud tout à coup. Il parait que c’est « tout dans la tête » m’a répondu un Sri-lankais.

Finalement, mes derniers jours au Sri Lanka se sont déroulés au milieu de la montagne, dans un petit village perdu au milieu des plantations de thé à 6 heures de train de Kandy (vitesse max de 15km/h). Super joli, avec quelques balades à faire dans cet environnement très vert. Ensuite, retour près de l’aéroport, à Negombo, au bord de la plage où j’ai découvert l’ambiance si particulière, riche en couleurs et en odeurs, du marché aux poissons.

Retrouvez l’ensemble des articles de ce voyage ici : Huit mois autour de l’Océan Indien

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