Carnet de voyage
février 14, 2016

A la rencontre des Fous de Bassan de Gaspésie

A la rencontre des Fous de Bassan de Gaspésie

(Août 2014) Durant l’été, j’ai travaillé en tant que guide naturaliste dans un parc animalier de Gaspésie. Au cours de ce séjour, j’en ai profité pour rencontrer l’une des plus importantes colonies de Fous de Bassan au monde, sur l’île Bonaventure, à l’extrême Est du Québec…

Colonie de fous de bassanLors de mes journées de congé, je m’offre l’irrésistible plaisir d’aller en vélo me chercher du pain croustillant tout juste sorti du four à la très bonne boulangerie artisanale du village. Finalement, j’ai été expédiée au fin fond de la campagne gaspésienne mais je n’ai pas à me plaindre car, au moins, il y a un très bon boulanger sur les dix commerces du coin (ouf, sauvée !).

Ce matin, alors que je m’y rendais, j’ai eu une nouvelle inespérée : un covoiturage pour me conduire jusqu’à Percé. Le temps était plutôt indécis mais puisque c’était ma dernière chance, j’ai accepté. A peine arrivée au débarcadère de Percé, je me précipite au guichet pour acheter un ticket pour faire le tour de l’île Bonaventure en bateau. Ayant déjà fait l’excursion en mer l’année passée en novembre (lors de notre road trip en Gaspésie), le rocher percé ne m’impressionnait plus vraiment ; je n’avais qu’une hâte, m’approcher de la colonie de Fous de Bassan qui se trouve sur l’île Bonaventure.

Fou de Bassan

Des plumes à perte de vue

Une heure plus tard, c’est un troupeau de touristes qui débarque sous un beau soleil. Un coup d’œil à ma montre : deux heures seulement avant le bateau du retour, si je ne veux pas faire attendre ma conductrice… J’ai avalé mon sandwich et me suis engagée sur le sentier qui nous mène jusqu’à la colonie, sur les falaises à l’autre bout de l’île.

Tout d’abord, au bruit, j’ai cru que j’arrivais à une cascade. On les entend avant même de les voir. Puis, au détour du chemin, je me retrouve face à un champ de nuages, une étendue de plumes blanches qui piaillent et volent dans tous les sens, sans compter l’odeur… C’est si surprenant ! On se croirait devant un tableau vivant peint à l’aquarelle. La blancheur de leur corps est si lumineuse et la finesse de leurs traits leur confère une allure si majestueuse. Les poussins nés cette année ont encore leur duvet épais, comme un manteau de coton. Je serais bien restée des heures à les observer.

La colonie de l’île Bonaventure

Fou de Bassan en Gaspésie

Pour information, la colonie de Fous de Bassan (oiseau marin migrateur) de l’île Bonaventure est l’une des plus importantes au monde : 110 000 oiseaux en moyenne actuellement. Cette année, les chercheurs estiment que la reproduction a été nulle. La plupart des poussins sont morts. Pour cause : le manque de nourriture. Les poissons se sont déplacés avec le réchauffement de l’eau et les oiseaux doivent voyager beaucoup plus loin, plonger bien plus profondément dans l’eau (plus de 20 mètres), et s’absenter du nid plusieurs jours durant pour pouvoir ramener de quoi nourrir leur progéniture (un œuf par couple). Tendres romantiques, les couples se forment pour la vie (espérance de vie de 40 ans en moyenne) et chaque année, mâles et femelles se retrouvent pendant la saison pour élever leur petit.

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